L'anxiété du chat

 




L'anxiété est le trouble du comportement le plus fréquent en ville alors que l'agressivité prédomine chez les chats "ruraux" moins socialisés et sûrement moins médicalisés.
Symptômes de chat des villes ?

Peur et compagnie.
L'anxiété a souvent comme origine, chez le chat ,une peur disproportionnée par rapport à la cause. On parle alors de phobie. L'animal n'arrive pas à se comporter normalement face au départ de son maître par exemple. Une situation simple est pour lui insurmontable.
La phobie, l'anxiété et la dépression sont trois états maladifs souvent liés. L'anxiété est la forme avancée de la phobie. Le chat prévoit instinctivement une situation, il a peur, il s'angoisse.
L'anxiété provient du fait que le chat n'est pas arrivé à résoudre seul une situation inhabituelle à laquelle il est confronté. Son comportement n'a pas suffit à lutter. Il va réagir soit par une réaction d'agressivité par peur , soit par une activité de substitution : manger beaucoup, se gratter...
Il faut bien comprendre l'origine de la peur. Le traitement en dépend et le maître devra aider le chat à surmonter cette situation autant que les médicaments.

Déménagement, traumatismes, départ... : il faut penser à tout.
Les situations entraînant l'anxiété sont très diverses et peuvent être classées comme suit.
Une nouveauté dans l'entourage affectif ou matériel du chat peut le déstabiliser. Lors d'un déménagement, le chat peut ne plus trouver ses marques même s'il est entouré des mêmes personnes et de meubles ou d'objets connus. Un changement émotionnel comme l'arrivée d'un autre animal à la maison peut modifier sa position hiérarchique. Il pensait dominer et il se retrouve soumis. Le cas le plus classique est la naissance d'un bébé. Le chat n'est pas jaloux, il est simplement soumis à une modification insurmontable pour lui d'une situation établie depuis longtemps, il a peur de cette nouveauté.
Des chocs physiques peuvent avoir le même effet. Un traumatisme, type accident de voiture ou chute d'un balcon, engendre une peur panique à la simple évocation de l'évènement (ouverture d'une fenêtre, bruit de klaxon). Une violence physique exercée sur lui sans raison (maître qui tape le chat) est source d'anxiété.
L'isolement ponctuel ou définitif est très choquant. Cela peut être le décès d'un maître, le départ en vacances ou celui de la maîtresse âgée en hôpital, l'absence prolongée du maître qui travaille dans la journée ou la disparition d'un autre animal qui vivait avec lui.
L'excès de manipulation par un enfant ou des adultes qui aiment certainement beaucoup l'animal, mais qui le considèrent comme un jouet est source d'anxiété. L'animal ne trouve aucun moment de repos et seule la fuite sera pour lui une solution. Dans la mesure où il ne peut l'assumer, étant en appartement un syndrome maladif va se développer. Le chat ne mange plus, ne se lave plus...
Un manque de socialisation est fréquent chez les chats des refuges ou élevés en liberté totale à l'état semi-sauvage (chat des caves, des cimetières...). Le chat n'a jamais vu d'humains, a été peu soumis aux stimulations sonores de la vie quotidienne.
Les antécédents d'un chat sont donc primordiaux pour comprendre cette affection. Il faut savoir reconnaître les premiers signes d'un comportement anormal pour envisager rapidement un traitement.

Reconnaître le chat anxieux.
Les symptômes de l'anxiété sont nombreux et s'expriment en fonction de la "personnalité" du chat. Un comportement anodin chez un chat peut être signe d'anxiété chez le vôtre.
Les troubles digestifs sont les manifestations les plus fréquentes : diarrhée, anorexie (l'animal n'accepte plus aucune nourriture). Les vétérinaires évoquent "l'entérite anxieuse".
Viennent ensuite les problèmes de peau avec les dépilations dont le chat est responsable, au niveau du ventre et des cuisses le plus souvent. Il se lèche avec frénésie, s'arrache le pelage et tous ses poils tombent.
Un phénomène très fréquent est l'automutilation ou les plaies de léchage qui ressemblent à des brûlures. L'animal se mord la queue jusqu'au sang. Il se ronge aussi les griffes, les arrache violemment (phénomène d'onychophagie). Ce comportement est dû à une tension émotionnelle. Cette réaction de léchage s'explique scientifiquement. En se léchant, le chat entraîne une stimulation de la peau qui est transmise au cerveau. Celui-ci libère alors une substance qui a pour effet d'apaiser le chat (un peu comme de la morphine) Mais pour entretenir la sécrétion de ces produits apaisants, le chat va devoir se lécher de plus en plus. Il secrète lui-même ses "drogues" qui le désangoisse mais il est de plus en plus "accro". Ce comportement est fréquent chez le Burmese et le Siamois.
L'immobilité la plus complète peut apparaître. L'animal peut ne plus se déplacer, rester amorphe, ne veut plus jouer, se cache dans des armoires. Il accompagne souvent cette baisse d'énergie par des miaulements plaintifs très sonores.
La saleté est une concrétisation assez répandue de l'anxiété. L'animal ne se toilette plus , urine et défèque à côté de son bac.
L'agressivité peut avoir une origine anxieuse mais cela est plus rare.
Le manque de résistance aux infections se manifestant par un animal toujours malade est aussi un signe de trouble du comportement.

Que faire ?
Il faut bien-sûr s'assurer qu'aucune autre pathologie ne peut être responsable de cette situation. Si le chat a la diarrhée, s'assurer auprès du vétérinaire qu'il n'a pas une gastro-entérite virale, si ses poils tombent cela peut être une affection parasitaire. Une fois toutes les hypothèses médicales écartées, il faut rechercher les causes comportementales et agir vite car l'anxiété non traitée évolue souvent en dépression.
Il faut absolument analyser les évènements qui ont pu intervenir dans la vie du chat de façon récente et plus ancienne. Il est parfois difficile de connaître les antécédents d'un animal.
Si vous prenez un chat à l'âge adulte et que vous ne connaissez rien de lui, soyez vigilant et notez toute modification du comportement.
Si l'événement est récent, il est plus facile de "déconditionner" l'animal.
il existe deux types de traitement : la chimiothérapie et la thérapie comportementale.
La chimiothérapie.
Cette méthode consiste en l'utilisation de médicaments, type anxiolytiques mais elle doit être associée pour être pleinement efficace à une thérapie de comportement.
Les anxiolytiques diminuent l'anxiété. Mais ces produits sont fortement à éviter chez les chats présentant des comportements agressifs. Seul un vétérinaire pourra vous conseiller pour l'utilisation de tels produits car les doses sont fonction de la façon dont l'animal réagit au traitement. Il dure en général trois mois et doit être réajusté de façon régulière.
La thérapie de comportement
Il existe deux types de traitements appelés savamment le "contre-conditionnement "et "l'habituation".
Le contre-conditionnement consiste à associer à la situation de peur une situation de plaisir. Le chat a peur de votre départ, jouez avec lui et laissez lui de la nourriture

 

 

 

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